Sheikh AbdulAziz Al Amghari insiste : il est crucial pour chaque musulman, chaque jeûneur, chaque demandeur d'Allah ﷻ de ne pas laisser passer les 10 derniers jours du mois béni de Ramadan sans en profiter. Allah ﷻ est généreux, Il ouvre Ses portes et donne sans contrepartie. Il serait vraiment malheureux de laisser passer cette dernière décade du Ramadan sans cueillir les dons d'Allah qu'elle contient. Comme le dit Cheikh AbdulAziz Al Amghari : « Il suffit de se baisser pour ramasser. » Le jeûne vu par la science D'un point de vue scientifique, lorsque l'on jeûne vraiment (ne pas manger ni boire la journée et manger peu la nuit), le corps finit par se tourner vers ses réserves de tissus gras et de lipides pour les brûler. C'est à ce moment-là que l'on commence à ressentir les bienfaits du jeûne, qui s'accompagnent de certaines douleurs et souffrances. Le jeûne devient alors un peu plus dur que les autres jours. Scientifiquement, c'est donc lorsque l'on commence à souffrir que les bienfaits du jeûne commencent à apparaître. On peut transposer ce même principe sur le plan spirituel : c'est après les vingt premiers jours de Ramadan que l'on doit commencer la saison de la moisson. Les dix derniers jours du Ramadan : le temps de la moisson Pendant vingt jours, on a labouré, planté et arrosé ; et voilà que vient maintenant le temps où l'on doit commencer à moissonner. Nous sommes tels l'agriculteur : il travaille toute l'année, mois après mois, préparant sa terre, semant, répandant son engrais, arrosant en attendant la pluie. L'agriculteur dépense sans discontinuer, jetant dans ses sillons argent et sueur sans même avoir la garantie d'une récolte. Il fournit tout de même tous ces efforts physiques et matériels, il fait cet investissement et prend ce risque, puis quand arrive la moisson, Allah ﷻ lui octroie le fruit de ses efforts. Ne serait-il pas malheureux de ne pas cueillir le fruit de nos efforts, ou plutôt le fruit qu'Allah ﷻ nous a préparé en récompense de notre bonne intention, et de nos efforts vers Allah ﷻ ? Même si par ailleurs, en réalité, cette bonne intention et ces efforts fournis par l'être humain sont bien en dessous de son devoir mais surestimés et amplifiés aux yeux d'Allah ﷻ par Sa miséricorde. Toutefois, même le fait de cueillir les fruits d'Allah ﷻ représente un effort. Cependant, c'est un effort qui s'accompagne du plaisir de voir la récolte nous tomber entre les mains. La récolte est donc bien un effort mêlé de plaisir. A présent, en ce début de dernière décade du Ramadan, nous sommes entrés dans la période des jours de la souffrance et du plaisir, de la souffrance et de la lumière, de la souffrance et de la proximité d'Allah ﷻ. Il ne faut donc surtout pas songer avec impatience à la fin du Ramadan. Certes, l'égo (an-nafs), soutenu par Chaytan (Satan), commence à souhaiter le retour des jours « normaux », où l'on mange et l'on boit à longueur de journée, et où l'on se croit libre de commettre des erreurs et des péchés sans avoir à en rendre compte. Mais quand notre égo ressent ce besoin de vivre les jours d'après Ramadan, c'est alors un grand danger pour nous. La fatigue de la fin du Ramadan ne doit pas nous pousser à dire : « Vivement la fin, c'est bientôt fini ! ». Au contraire, nous devrions nous dire : « Dommage que ce mois béni se termine bientôt ; je dois faire tous les efforts possibles pour profiter de chaque souffle, de chaque seconde du précieux temps qui me reste ». L'Aïd, la fête de fin du Ramadan, est en réalité la fête de la fin de la récolte, la fête de la moisson qui célèbre la réception des dons d'Allah ﷻ spécifiques à ce mois béni. L'exemple de notre Prophète bien-aimé ﷺ On dit de notre Prophète bien-aimé ﷺ que durant ces dix derniers jours de Ramadan, il se serrait la ceinture, dans le sens où il ne touchait pas ses femmes pendant cette période – bien que cela soit autorisé pendant la nuit -, car il n'en avait pas le temps : tout son temps devait être consacré à Allah ﷻ. Il abandonnait tout et parfois même, il restait à la mosquée sans rentrer chez lui, pour demeurer dans l'adoration d'Allah ﷻ, pour que rien ne puisse l'en distraire. En réalité, peu importait son état, rien ne pouvait distraire le Prophète ﷺ d'Allah ﷻ, mais son objectif était d'enseigner à sa communauté que durant ces dix derniers jours, il faut absolument essayer de se couper de tout, matériellement et spirituellement, pour ne se consacrer qu'à Dieu ﷻ. La Nuit du Destin : la rencontre avec Gabriel (paix soit sur lui) Cheikh AbdulAziz Al Amghari nous dit :« Je ne veux ni pour moi ni pour vous que ces jours partent sans qu'on ait ce grand plaisir de la rencontre d'Allah ﷻ et de l'archange Gabriel (paix soit sur lui). » Sidna Jibril (Gabriel, que la paix soit sur lui) était le compagnon du Prophète ﷺ qui l'appelait « mon Frère Gabriel » : il existait une véritable fraternité entre eux. Il descendait sur le coeur du Prophète ﷺ pour y apporter le message d'Allah ﷻ. Gabriel (paix soit sur lui) descendait en effet sur terre uniquement pour apporter le message d'Allah ﷻ à tous Ses prophètes. La nuit de la révélation, quand le Prophète ﷺ a reçu Gabriel (paix soit sur lui) qui l'a serré contre lui et lui a parlé, le Prophète ﷺ est revenu chez sa femme Khadija (qu'Allah ﷻ soit satisfait d'elle) ; cette dernière l'a ensuite emmené consulter un homme instruit en livres et religions : le Prophète ﷺ lui a raconté sa rencontre et l'homme lui a répondu qu'il avait eu à faire au même ange qui descendait sur Jésus (paix soit sur lui) avant lui, l'ange qui a pour unique mission de transmettre à tous les prophètes le message d'Allah ﷻ et le message de l'islam, c'est-à-dire de la connaissance et de la soumission à Allah ﷻ. Pendant 23 ans, le Prophète ﷺ a côtoyé Gabriel (paix soit sur lui), cet archange dont la grande force lui permet de porter la lumière d'Allah ﷻ et de la ramener au cœur des Prophètes. Pendant 23 ans, Gabriel (paix soit sur lui) a effectué des allers-retours entre le ciel et la terre : il y avait alors un faisceau de lumière habité et emprunté par l'ange Gabriel (paix soit sur lui). Quand le Prophète ﷺ est décédé, ce fut la fin de la descente de cet ange sur terre. Beaucoup de compagnons pleurèrent le départ du Prophète ﷺ et de son corps, mais aussi le départ de l'ange Gabriel (paix soit sur lui) qui ne devait plus jamais descendre sur terre. Un poète disait d'ailleurs de Médine qu'elle était une terre sur laquelle marchaient le Prophète ﷺ et l'archange Gabriel (paix soit sur lui). Médine est bien une terre bénie d'Allah ﷻ. Voyez donc la faveur qu'Allah a faite à la communauté du Prophète Mohammed ﷺ : Gabriel (paix soit sur lui) peut descendre une fois par an pendant la Nuit du Destin, la Nuit de l'Honneur, pour rencontrer le cœur des croyants et des saints (les Walis), les cœurs purifiés et préparés à sa rencontre, comme il le faisait avec le Prophète ﷺ. C'est une grande bénédiction et une exception qu'aucune communauté d'aucun prophète n'a connue. Seule la Oummah (communauté) du Prophète Mohammed ﷺ a ce privilège. Quel honneur ! C'est d'ailleurs pour cela qu'on appelle cette nuit « la Nuit de l'Honneur » : l'honneur d'avoir le même privilège que notre Prophète ﷺ (toute proportion gardée), et que ses compagnons. Cheikh AbdulAziz Al Amghari nous l'affirme : « Ce n'est pas un rêve, ni de l'imagination, c'est une réalité. Qu'Allah ﷻ nous fasse vivre cet honneur de connaître quelque chose qu'a connu le Prophète ﷺ ». Ces nuits qui nous restent sont bénies, ce sont des nuits d'efforts pour Allah ﷻ Qui nous récompense pour cet effort qu'on a entrepris. J'avais envie de boire, je n'ai pas bu pour toi, ô Allah ; j'avais envie de manger, de parler, de papoter, de médire, j'ai tout arrêté et je me suis retenu pour toi, ô Allah. C'est une souffrance, certes, an-nafs (l'égo) souffre mais c'est une souffrance mêlée du plaisir de la rencontre de l'ange Gabriel (paix soit sur lui) ainsi que d'autres anges, des milliards d'anges qui descendent avec lui pendant une nuit de ces dix nuits bénies. Allah ﷻ est Généreux et Grand avec nous. Nous devons accueillir le don d'Allah ﷻ et Le remercier de nous avoir donné ce privilège. (Vous pouvez retrouver ici la suite de cet article.)
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