Une même question revient sans cesse dans le cœur du croyant : ai-je le libre arbitre ou bien tout est-il déterminé par Dieu ﷻ Seul ? S'il est vrai que nous sommes capables de décider et d'agir, nous voyons bien cependant que certaines choses sont entre les mains de Dieu ﷻ. Alors que penser, et quelle attitude adopter ?
Laissons Dieu faire son travail !
Prenons un exemple simple : c'est un fait évident que nous devons travailler pour gagner notre pain quotidien. Mais souvent, nous nous disons intérieurement : « mes gains sont déjà écrits auprès d'Allah ﷻ, Dieu ﷻ a déjà fixé combien je gagnerai aujourd'hui ».
Et donc, en bon croyant stupide, nous en déduisons : « Puisque cela est écrit, à quoi bon travailler ? Même sans aucun effort, j'obtiendrai la part que Dieu ﷻ m'a réservée, elle m'est destinée. »
Mais non ! Nous ne savons pas ce qu'Allah ﷻ a écrit pour nous ! C'est là une impolitesse envers Dieu ﷻ que d'attendre la réalisation du Destin sans faire aucun effort.
Il nous incombe d'agir conformément aux résultats que nous espérons. Qui nous dit qu'après nous avoir attribué 10, Dieu ﷻ ne désire pas finalement nous ajouter 100 ce jour-là ? Faisons donc les efforts attendus, et laissons Allah ﷻ nous donner ce qu'Il veut.
Dieu ne rend de compte qu'à Lui-même
Sheikh AbdelAziz parle à ce sujet d'un homme pieux très pauvre qui supplia Allah ﷻ de le rendre riche car il avait grande envie de dépenser en aumône et de faire le bien autour de lui.
Dieu ﷻ lui promit 10 ans de richesse durant lesquels il aurait la possibilité de se montrer généreux envers les défavorisés comme il le souhaitait, puis, une décennie passée, il retournerait à son état de pauvreté initiale – tel était le décret que Dieu ﷻ avait écrit et qu'Il lui avait révélé.
L'homme se réjouit de cette annonce : devenu riche , il fit immédiatement construire une immense demeure percée de quatre portes – une par façade – permettant d'y accéder pour s'y restaurer et demander de l'aide depuis toutes les directions.
Et en effet, les nécessiteux affluèrent pendant 10 ans, et l'homme tint sa promesse : il dépensa la fortune que Dieu ﷻ lui avait accordée pour aider son prochain.
Voilà qu'arriva la fin de la dixième année. L'homme se prépara à retrouver son état de misère, satisfait d'avoir pu accomplir son projet de charité. Mais la onzième année passa, et sa richesse ne faiblit pas.
Une douzième année s'enchaîna, et l'homme conserva sa fortune ; année après année, il attendait la pauvreté mais elle n'arrivait jamais. L'homme ne comprenait pas : n'était-ce pas la promesse de Dieu ﷻ qu'après 10 ans, il redevînt pauvre ?
Une nuit, un homme lui apparut en rêve, porteur d'un message divin : « Ô Mon serviteur, je t'ai ouvert une porte, et tu M'en as ouvert quatre. Vais-je maintenant les refermer ? Bien sûr que non ! »
Ce qui est écrit est l'affaire d'Allah ﷻ, pas la nôtre ! Alors agissons comme nous le devons et laissons le résultat à Dieu ﷻ.
Ne nous déresponsabilisons pas !
Nous disons que le destin est « maktoub » (« écrit » en arabe), en particulier lorsque nous avons commis un mal dont nous voulons nous dédouaner. Quels admirables croyants que nous sommes : c'est maintenant que nous avons fauté que nous avons la foi et que nous attribuons les choses à Dieu ﷻ !
C'est en réalité l'égo qui parle, l'égo qui refuse d'endosser ses responsabilités.
En revanche, lorsque nous faisons un bien, disons-nous toujours « maktoub » ? Non, ce bien, c'est toujours de nous qu'il vient, et nous le revendiquons haut et fort : « J'ai fait cela. » L'âme imparfaite a ce réflexe de toujours s'attribuer le bien et d'attribuer le mal aux autres.
Un homme est venu chez Sidna an-Nabi ﷺ et lui a dit : « Ô Messager d'Allah, je suis un homme malheureux. Allah a fait que je gagne ma vie en chantant et en dansant. » Le visage du Prophète ﷺ a changé de couleur. Il lui a répondu d'un air grave : « Tu es un menteur, ô ennemi d'Allah » car cet homme a attribué le mal à Dieu ﷻ et est donc devenu Son ennemi.
Demander des comptes à Dieu, c'est courir à sa ruine…
Faisons ce que nous avons à faire et taisons-nous. Mêlons-nous de nos affaires et laissons Allah ﷻ écrire ce qu'Il veut. Dieu ﷻ n'a de compte à rendre à personne.
Rien dans la création, pas même les prophètes, n'ont rien à réclamer à Allah ﷻ. Tous se sentent débiteurs envers Allah ﷻ.
Un hadith de Sidna an-Nabi ﷺ le confirme :
« Si Allah nous demandait des comptes à moi et mon frère Jésus pour ce que nous avons fait, Il nous mettrait en enfer ! »
Si de si parfaites créatures n'osent revendiquer le bien qu'elles ont accompli à chaque instant de leur vie, le ferons-nous nous-mêmes ?
Nous disons à Dieu ﷻ : « J'ai prié chaque jour, j'ai jeûné chaque Ramadan, j'ai donné mon argent à de nombreux pauvres… », et Dieu ﷻ nous répond : « Combien de fois étais-tu distrait dans tes prières ? Et pensais-tu à Moi quand tu engloutissais – une fois le soleil couché – la nourriture qui t'avait obsédé toute la journée ? Ne t'es-tu pas vanté de l'aumône que tu as faite ? Ne l'as-tu pas rappelée à celui qui en a profité ? »
Comment peut-on demander des comptes à Dieu ﷻ ? Ce serait là notre ruine !
Chers frères et sœurs, apprenons à rester à notre place. Œuvrons tout en étant conscients que Dieu ﷻ seul connaît l'issue de nos efforts, et qu'elle n'appartient qu'à Lui.
Et pour clôturer une fois pour toutes l'épineux sujet du libre-arbitre, citons la devise que Sheikh AbdelAziz répète souvent :
« Le mal vient de toi-même ; le bien vient de Dieu ; et tout vient de Dieu. »
Voilà la vraie politesse envers Allah ﷻ, qui remet chaque chose à sa place.
Que Dieu ﷻ nous fasse profiter des enseignements de Ses bien-aimés savants et qu'Il nous aide à les mettre en pratique.
