Qu'est-ce que la virginité, au sens métaphysique du terme ? N'avoir aucune attache avec ce bas monde, pour pouvoir enfin pénétrer dans la Présence d'Allah ﷻ. C'est la condition sine qua non : n'être plus attaché à rien d'autre que Lui ﷻ.
La virginité spirituelle dans l'Islam : le secret pour pénétrer dans la Présence divine
Le terme « virginité » nous fait directement penser à l'état de la Vierge Marie (que Dieu ﷻ soit satisfait d'elle), mère de Jésus (que la paix soit lui). Bien sûr, dans le sens premier du terme, la virginité mariale est bien l'état physique de Marie qu'aucun homme n'a jamais touchée et qui a enfanté Jésus (que la paix soit sur lui) par miracle de Dieu ﷻ.
Mais on sait aussi, d'après le Coran, que la mère de Marie (que Dieu ﷻ soit satisfait d'elle) a déclaré : « Ô Allah, je T'offre ce que j'ai dans mon ventre, libre et libérée »
رَبِّ إِنِّى نَذَرْتُ لَكَ مَا فِى بَطْنِى مُحَرَّرًا
(Sourate 3, verset 35).
Mais libérée de quoi ? Libérée de toute attache, que ce soit à la vie matérielle ou non matérielle. Marie était donc « libre », elle n'est attachée qu'à Allah ﷻ. La mère de Marie a donc formulé le vœu que son enfant soit quelqu'un de pieux et qui se consacre uniquement à Allah ﷻ.
L'exemple coranique de Marie : entre détachement du matériel et attachement spirituel avec Allah
Marie n'ayant aucune attache à la vie matérielle, c'est Dieu qui s'occupait de sa vie matérielle pour elle. « A chaque fois que Zakaria rentrait chez elle dans son lieu de retraite spirituelle, il y trouvait de la nourriture. »
كُلَّمَا دَخَلَ عَلَيْهَا زَكَرِيَّا ٱلْمِحْرَابَ وَجَدَ عِندَهَا رِزْقًا
(Sourate 3, verset 37).
Il trouvait auprès d'elle des fruits été comme hiver. S'étonnant de voir auprès de Marie des fruits estivaux en plein hiver, il lui demandait : « Ô Marie, d'où reçois-tu ces fruits et cette nourriture ? » Elle répondait qu'Allah ﷻ donne à qui Il veut, comme Il veut, quand Il veut, Il n'a de comptes à rendre à personne. C'est Dieu ﷻ qui la nourrissait car elle n'était attachée qu'à Lui ﷻ.
Mais quand Marie (qu'Allah ﷻ soit satisfait d'elle) est tombée enceinte et qu'elle a ressenti les douleurs de l'enfantement, Dieu lui a dit :
« Secoue le palmier pour que des dattes fraîches et mûres tombent ».
وَهُزِّىٓ إِلَيْكِ بِجِذْعِ ٱلنَّخْلَةِ تُسَٰقِطْ عَلَيْكِ رُطَبًا جَنِيًّا
(Sourate 19, verset 25).
A ce moment-là, Dieu ﷻ demande à Marie (qu'Allah ﷻ soit satisfait d'elle) de se procurer par elle-même sa nourriture, Il ne la lui donne pas comme Il le faisait lors de sa retraite spirituelle. C'est elle qui doit secouer le palmier pour en faire tomber ses dattes. En effet, elle n'est alors plus attachée à Dieu Seul ﷻ, comme elle l'était avant les douleurs de l'enfantement, dans sa retraite spirituelle : elle est attachée à son ventre, ses contractions ; ses sens lui sont revenus, qui l'ont faite revenir au monde matériel.
Ce concept de virginité métaphysique n'est donc pas qu'une réalité pour la Vierge Marie (qu'Allah ﷻ soit satisfait d'elle), elle concerne tout un chacun qui souhaite se détacher de tout pour Allah ﷻ. Chacun d'entre nous peut courir après cette virginité qui donne accès à la Présence divine. Mais par quel moyen y accéder ?
Le dhikr comme voie vers la virginité spirituelle selon le Coran
Comme toujours, par le dhikr d'Allah ﷻ : oublier tout, se couper du monde et évoquer Allah ﷻ ; car se détacher de tout, c'est s'orienter vers Allah ﷻ. Le Coran nous le dit, au verset 8 de la sourate 73 :
وَٱذْكُرِ ٱسْمَ رَبِّكَ وَتَبَتَّلْ إِلَيْهِ تَبْتِيلًا
« Et évoque le nom de ton Seigneur », c'est-à-dire le nom d'Allah ﷻ.
Qui donc nous demande de répéter le nom d'Allah ﷻ ? C'est Allah ﷻ Lui-même, ce n'est ni Cheikh, ni une quelconque tariqa, ni la spiritualité. C'est la loi de Dieu ﷻ (la chari'a), qui nous le commande.
« Et coupe-toi de tout », nous dit la suite du verset : وَتَبَتَّلْ إِلَيْهِ تَبْتِيلًا. Pendant le dhikr, on ferme les yeux pour éteindre nos sens et nous attacher à Allah ﷻ seulement. Ce n'est pas là la prescription d'un Cheikh, c'est un précepte de l'islam.
L'évocation d'Allah ﷻ par le dhikr, en coupant tous ses sens (vue, ouïe et parole vaine – à bannir même en dehors du dhikr d'ailleurs!) est une pratique qui vient directement du Coran et que tout croyant devrait appliquer.
Même si au début, la langue seule semble répéter le Nom de Dieu ﷻ, il faut persévérer, car si l'on poursuit l'effort du dhikr, c'est alors le coeur qui se met à évoquer le nom d'Allah ﷻ, même quand la langue ne le répète plus, même dans le quotidien, au travail, dans le commerce… Le coeur ne s'arrête plus d'évoquer Allah ﷻ.
Commençons donc par évoquer Allah ﷻ avec la langue, et le coeur suivra par la grâce d'Allah ﷻ.
Aspirons à devenir des « hommes que le commerce et la vente ne distraient pas du dhikr d'Allah » (sourate 24, verset رِجَالٌ لَّا تُلْهِيهِمْ تِجَٰرَةٌ وَلَا بَيْعٌ عَن ذِكْرِ ٱللَّهِ ( 37 , des hommes (au sens large du terme, et non pas au sens masculin seulement, bien sûr, des êtres fermes et droits), dont la bouche est avec les Hommes mais donc le coeur est avec Allah ﷻ.
Qu'Allah ﷻ nous assiste dans Son dhikr et nous mène à cette virginité qui donne accès à Sa Présence ! Amine.
